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JOYCE N'SANA l'AfroBlueHop

Jeune maman de 2 enfants, Joyce N’sana est surtout une artiste de talent. Partie du Congo-Brazzaville pour poursuivre des études de Langues Étrangères Appliquées (LEA) en France, elle réside actuellement au Québec, où elle fait son bout de chemin en musique avec le Holy Hills Band, explorant un univers musical original : l’AfroBlueHop jumelé au Reggae. Les langues, elle a toujours aimé cela, et n’ayant pas la sienne dans la poche, elle s’apprête à nous indiquer son opinion dans son premier album intitulé «Opinion ya Mè», dont la sortie est prévue pour cette année. Kongo Kafé l’a rencontré à Montréal.

Kongo Kafé : Joyce N’sana Bonjour. Premièrement, peux-tu te présenter à nos lecteurs.

Joyce N’sana : Je suis une artiste auteure-compositrice. Une artiste AfroBlueHop, qui est un mix de musiques africaines, de langues de chez nous; Blue pour Blues et Hop pour Hip-Hop. Je fais également un peu de Reggae.

Kongo Kafé: Comment es-tu arrivée à la musique?

Joyce N’sana : Je viens d’une famille dans laquelle la musique a toujours été présente. Mon père, Jean-Claude N’sana, est auteur-compositeur-interprète, il joue également à la guitare. Aujourd’hui il est pasteur, mais il continue à chanter, composer. Les premières chansons que j’ai chanté c’était en sa compagnie et ma première scène c’était à l’Église Baptiste Évangélique. Dans une chorale, un groupe de jeunes. Et je suis devenue artiste solo, seulement après avoir quitté le Congo. C’est à ce moment que le déclic s’est fait.

Kongo Kafé : Tu as donc commencé en France?

Joyce N’sana : Arrivée en France, j’ai continué à chanter dans les chorales et j’ai rencontré le groupe Maliyann, qui justement, m’a initié au style musical AfroBlueHop. C’est un groupe de musique avec des musiciens du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, etc. C’est en travaillant avec eux que je me suis rendue compte que c’était ce que je voulais faire. C’est avec eux que j’ai fait mes premières scènes. C’est en quittant la France pour le Québec que je commence à m’affirmer en tant que Joyce N’sana, chanteuse solo, que je ramène le AfroBlueHop à Montréal et que j’y rajoute le reggae et ma touche personnelle en chantant dans les langues de chez nous :kikongo, lingala, kituba.

Kongo Kafé : Tu arrives au Québec en 2009. Ensuite que se passe-t-il?

Joyce N’sana : J’arrive au Québec pour y poursuivre des études en éducation à l’enfance. Il fallait s’intégrer et pour moi l’intégration va passer par les arts. J’ai commencé à participer à «Cegep en spectacle», qui donne la possibilité aux étudiants de parler de leur art, de faire leur musique. Après, j’arrive à Montréal, je commence à faire des petites scènes, à me faire connaître un peu. Je participe au concours les Syli d’Or et je gagne le 1er prix Mondomix, ce qui est très bien. Ensuite, je chante au Festival international Nuits d’Afrique qui accueille plus de 3000 personnes, une très belle opportunité. Le lendemain, je suis dans le Journal de Montréal. Récemment, j’ai reçu le prix Coup de cœur de DAM et Quartier des spectacles à Vision diversité 2014. Donc c’est un peu comme cela que les choses se sont enchainées depuis 2009.

 
Kongo Kafé : L’on retrouve plusieurs référence à la foi (chrétienne et rasta) entoure ta musique : le nom et le logo du «band» qui t’accompagne, les textes notamment avec des titres comme «Méso mami» ou encore «La voix du bon Berger» (qui est une reprise d’un cantique connu du milieu protestant). Qu’est-ce que cela représente pour toi et quel est le lien entre ces  deux aspects?

Joyce N’sana : Je pense que le lien entre ces deux aspects est l’amour pour l’Afrique, l’amour des langues africaines. Pour ceux qui font de la musique reggae, leur source c’est souvent l’Afrique. Ils ont toujours un côté attaché à l’Afrique, même s’ils chantent en anglais ou autres. Quand on écoute leurs messages, ils s’adressent d’abord à l’Afrique. Ils parlent du retour aux sources, qui pour moi, ne passe pas seulement par la musique, mais par la façon de vivre, d’être et c’est cela pour moi, le lien entre le reggae et la musique africaine de chez moi. En même temps, ils portent un message de paix. Un artiste que j’aime beaucoup, Bob Marley, est un révolutionnaire. C’est aussi cet aspect révolutionnaire, engagé que j’embrasse et qui est présent dans ma musique.

Kongo Kafé : Quand tu dois présenter ces titres au public lors d’une prestation, le faites-tu avec liberté, dans une société où toute référence à la religion est comme un tabou?

Joyce N’sana : Cela dépend du moment présent, car toutes les scènes, tous les publics ne se ressemblent pas. Donc, quand je sens le besoin de l’expliquer, je le dis clairement. Des fois, pour un «show» de 15 minutes, je n’ai pas forcément le temps de m’arrêter et d’expliquer mes titres, j’explique les grandes lignes de la chanson. Évidemment ceux qui comprennent la langue comprennent tout de suite. Pour les autres, j’essaie d’expliquer le plus facilement possible.

Kongo Kafé : Tu touches à plusieurs genres musicaux  dont le zouk avec notamment  «I do love you».

Joyce N’sana : C’est exact. Je me suis beaucoup balader à travers les styles afro, mais cette année, dans mon album, j’ai choisi de me consacrer seulement à l’AfroBlueHop et au reggae. Ce sont ces deux styles qui seront dominants dans cet album.

Kongo Kafé : Parlant de ta diversité artistique, tu peins également et tes fans ont pu découvrir certaines de tes toiles sur ta page Facebook. Parle-nous de ton passage à l’École de peinture de Poto-poto.

 Joyce N’sana : C’est arrivé tout juste après mon Bac, dans l’attente de mon inscription à l’université en France. Et puisque les procédures sont longues, avec les obtentions de visa, etc. j’ai donc eu une période où je n’allais pas à l’école. Alors, avec l’aide de ma mère, qui m’a inscrit à l’École de peinture de Poto-poto - puisqu’elle savait que c’était un talent que j’avais- j’ai pu pratiquer mon art, j’ai eu le temps d’avoir de bonnes bases. Avec le temps, en France et maintenant au Québec, je n’ai pas vraiment eu le temps de peindre. Mais aujourd’hui, avec tous les encouragements que j’ai eu, cela me donne envie de retravailler dessus.

Kongo Kafé : Quelles sont tes inspirations en musique, à part Bob Marley et Dobet Gnahoré que tu considères d’ailleurs comme ton «mentor»?

Joyce N’sana : Mon père est ma première inspiration. Mais également des artistes tels que Lokua Kanza, Youssou N’dour, Angélique Kidjo. Du côté de ceux qui sont partis, il y a Miriam Makeba… tous ceux qui font de la musique révolutionnaire, de la musique pour les femmes, pour le peuple, m’inspirent. En Amérique, il y a Aretha Franklin, Nina Simone, Ray Charles.

Kongo Kafé : Qu’est-ce qui t’inspire chez Dobet Gnahoré et est-ce que tu l’as déjà rencontré?

Joyce N’sana : Elle est venue deux fois à Montréal. Oui, je l’ai rencontré lorsqu’elle est venue en 2011. Les deux fois, je suis évidemment allée voir ses spectacles et j’ai eu l’occasion de parler avec elle. C’est une femme avec une âme tellement ouverte, elle est tellement accessible. On a eu un bel échange, elle a une bonne énergie. Elle apprécie ce que je fais. Elle me conseille, m’envoie des petits messages.

Ce qui m’inspire chez elle, c’est sa force. Pas seulement sur scène, mais sa force dans ce qu’elle fait. Aujourd’hui, elle est ambassadrice des Droits de l’Homme en Côte d’ivoire, elle soutient un orphelinat par les revenus de ses spectacles, elle travaille beaucoup pour l’image de la femme et c’est pour cela qu’elle est un modèle pour moi.

Kongo Kafé : Ton album sortira bientôt. De quoi parlera-t-il?

Joyce N’sana : Il parlera de mes opinions, de la force de mes opinions en tant que femme.

Kongo Kafé : On célèbre la Journée internationale de la femme aujourd’hui. Un  dernier mot à l’égard des femmes.

Joyce N’sana : Avant, je voudrais ajouter à la liste de mes inspirations, une personnalité congolaise, bien connue dans l’univers artistique montréalais, c’est Zab Maboungou. Elle est une grande inspiration pour moi et c’est dans son école que je prends quelques cours de danse aussi. Elle me conseille. Des exemples comme elle, il n’y en a pas beaucoup et moi, je prends exemple sur elle.

Concernant la Journée internationale de la femme, je suis heureuse de la célébrer avec des sœurs Congolaises, de partager un peu de mon expérience. Le message que je peux passer c’est que l’on continue de montrer une meilleure image de nous, de la femme en général et de la femme congolaise en particulier.

 

 

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