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Haro sur le Black Bashing

La vie est un choix. En tant qu'être humain, nous sommes appelés à faire régulièrement des choix sur nos orientations, nos modes de vie, mais également ce qu'il y a de plus original : notre faculté à ne point faire de choix. 

Un homme politique et écrivain africain, Léopold Sédar Senghor, fit le constat suivant: « l'émotion est nègre, la raison est hellène». Depuis, fils et filles d'Afrique, à tort et à raison sur la question demeurerons diviser. D'une part, certains affirment que l'homme noir est resté au stade de spectateur, se refusant de poser des actes concrets de son épanouissement. Le cliché le plus récurrent, à cet effet, est celui du noir excellent que dans certains domaines précis: le sport ou la musique. Mais qui, sur des thématiques beaucoup plus intellectuelles, ne vaudrait pas la peine d'être cité (thématiques liées aux sciences et technologies). D'autre part, il y a ceux qui, bien que les clichés du nègre paresseux puissent persister, ont pris l'engagement de tourner au ridicule ce "Black bashing" ambiant.

 En effet, on ne pourrait nier l'évidence qu'il existerait une catégorie d’africains qui se plairait à perpétuer l'image du nègre toujours souriant, prompt à s'émouvoir non pas de son drame, mais plutôt de celui des autres. Ils se considèrent d'ailleurs citoyens du monde, ils ont, pieds joints, adhéré aux idéaux d'universalisme, d’humanisme. Les récents attentats contre l'hebdomadaire satirique français Charlie-hebdo a suffisamment éclairé l'opinion africaine de ce que les leaders africains se sentent moins préoccupés par les maux qui frappent l'Afrique. Sinon, comment justifier le deuil national décrété au Bénin en mémoire des attentats de Paris et les larmes du président Yayi Boni qui, en public n'a pas pu les retenir ; alors qu'au Nigeria voisin, Boko-Haram ne cesse de tuer des milliers d'individus. Certes, dans une société qui se voudrait démocratique chaque individu jouit de sa liberté d’opinion, mais il incombe aussi de respecter les opinions qui se distinguent des nôtres.

Oser remettre en cause ces dites valeurs «occidentales», en public,  c’est s'exposer de fait aux clichés de «non civilisé» ou d’extrémiste, bref, se mettre en marge de tout ce qu'il y a de positif pour eux. Cette attitude trahit une pathologie jusqu'ici incurable qu'il faudrait traiter de façon immédiate. Se dire Africain n'implique pas le rejet automatique de ce qui ne l'est pas. Il s'agit d'une préférence, un  choix au même titre que celui de n'être préoccupé que par les thématiques africaines.

En effet, on ne saurait établir une liste exhaustive des maux qui, au quotidien, minent la vie des Africains, combien en dehors des Africains se soucient ou contribuent à enrayer ces maux? Suite  aux récents attentats terroristes revendiqués par le groupe terroriste Boko-Haram, combien ont exprimé publiquement leur solidarité aux peuples camerounais et nigérian? Il est évident que la question ne figure nullement en tête des priorités de la communauté dite "internationale". L’exemple de l’effritement de l’Etat du Somalie est d’ailleurs assez édifiant. Plus récemment, la crise humanitaire en Afrique de l'Ouest a démontré qu'un mal qui touche l'Afrique n'est pas une priorité dans les agendas occidentaux.  Comme susmentionné, les chefs d'Etats et de gouvernements Africains y apportent suffisamment d'eau au moulin, de telle sorte qu'ils sont aujourd'hui de véritables relais du Black-bashing.

En conséquence, il nous faut arrêter avec l'épidémie émotionnelle qui, lorsqu'un mal touche d'autres régions du monde, les Africains soient toujours les premiers à compatir. En tant qu'humain, on ne saurait se satisfaire du malheur des autres, mais pas au point d'en faire une cause universelle, cela à cause d'une improbable appartenance à un gros village que serait devenue la Terre, grâce à la mondialisation.

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