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Dictateurs africains: Ennemis inutiles ou alliés objectifs?

Les concepts d'ennemi ou d'allié en politique sont à la base d'une vie politique active. Les alliances se font et se défont au gré des interactions entre forces politiques. Se prononçant sur le concept d'ennemi, Carl Schmitt, idéologue et juriste allemand, soutient clairement dans sa théorie que sans rapport de force, sans affrontement entre les acteurs politiques, il n’est impossible d'évoquer l'existence même d'une activité politique. Les acteurs politiques ont tout intérêt à ce que leurs adversaires soient compétitifs, car il en va de la vitalité du combat politique. Ici, c'est l'adversité qui est le moteur de la politique. Le combat politique n'a pas pour finalité l'extinction de l'adversaire. Ce dernier doit être préservé d'un tel danger, puisque de sa survie dépend le combat politique.

En politique, le jeu des alliances a pour but ultime l'affrontement d'un ennemi que l'on a en commun. De ce fait, il n'est pas rare de constater des alliances dites contre nature, ayant pour seul socle l'affrontement d'un ennemi en commun. Ce type d'alliance ne tient pas compte de la proximité idéologique entre alliés, mais a pour seul socle l'objectif à atteindre en optant pour l'alliance.

Toutefois, les rapports entre les adversaires politiques ne se limitent pas aux seules interactions entre ennemis. En dehors de ce type d'interaction, il y a la catégorie susmentionnée des alliés objectifs. Le concept est propre à la théorie des jeux. Il est simple : A est l'allié objectif de B, s'il est certain qu'en lui apportant son aide, il en tirerait profit. Cela en dépit de toutes affinités entre A et B. Ainsi, en transposant ces principes dans la réalité politique africaine où les "autocrates" se distinguent par une gestion clanique et autoritaire du pouvoir, sur la base de quel élément pourrions-nous les considérer comme des ennemis utiles ou des alliés objectifs?

En faisant l'apologie du prince, Machiavel a idéalisé ce qu'un prince devrait avoir comme qualité. Celui-ci se doit d'être lion et renard. Le lion représenterait la force et le renard la ruse. Ces qualités sont d'autant plus importantes pour le maintien d'un empire sous le contrôle du prince et ainsi, le protéger de toute invasion extérieure. L'objectif  de notre analyse est de déterminer l'apport des "princes africains" dans le jeu de défense contre les menaces extérieures.

En effet, il n'est un secret pour personne que l'Afrique n'est pas en mesure d'imposer sa voix dans les relations internationales. Cette impuissance de l'Afrique est le reflet de ce qui se fait le mieux sur le continent, c'est-à-dire, la volonté d'impuissance permanente. L'Afrique, avec la récente épidémie de la fièvre hémorragique Ebola, a démontré ne pas être en possession des instruments de sa puissance. Durant cette crise, toutes les décisions importantes prises, l'ont été grâce à des institutions non africaines (ONU, médecins sans frontières, etc.). Une telle configuration est  le reflet d'un profond malaise africain. D'une part, il y a le fait que les puissances occidentales puissent contribuer à  imposer à la tête des Etats africains ces autocrates ; d'autre part, du fait du poids politique de certains princes, l'Afrique peine à saisir l'opportunité de briser les chaînes de la soumission.

En définitive, le bilan que l'on attribuerait à la majorité des leaders africains, est des moins reluisants. Le bilan d’activités de la majorité des leaders africains est peu flatteur.  L'absence de résultats concrets confrontée au potentiel réel de l'Afrique justifie une conclusion aussi sévère. L'Afrique a une population jeune, en âge de travailler, qui est exploitée à de mauvaises fins. L'éducation, la formation ne sont pas les priorités des décideurs politiques. Les capacités productrices de l'Afrique sont réellement mises à mal. Ce qui fait des "princes africains" ...des ennemis inutiles.

 

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