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Congo Brazza: Jeunesse active ou passive ?

Elle est vive, se veut être active et en découdre avec la vieille méthode politique. Cette  jeunesse congolaise semble prendre du recul quant à ce à quoi devrait ressembler son future. La Rupture, elle ne jure que par elle mais semble avoir choisis la neutralité par absence d’idéologie ou de positionnement voire à cause de la répression politique.

Depuis des années, la question de la participation politique des jeunes se pose avec acuité au Congo Brazzaville. En effet, le contexte est marqué d'un désintéressement de la jeunese pour la politique. Cela s’explique entre autre du fait d’un déficit criard de culture  démocratique, de l’incapacité des politiques à transformer positivement les conditions de vie des populations et, enfin, d’absence de résultats concrets dans la mise en œuvre des politiques pour l’emploi.

Par ailleurs on assiste à la montée d’une  jeune élite  chevauchant la continuité du même système qui n'a jusqu'ici cessé d'essuyer ses critiques quotidiennes (corruption et avidité). Une attitude qui, est de nature à résigner la jeunesse au rôle de simple spectateur de son avenir. Par conséquent comment espérer d’une alternance à la tête de l’Etat ? D’une alternance qui, constituerait une rupture avec les violences et répressions politiques? Comment vouloir obtenir le changement et la relève en jurant ne plus vouloir faire couler le sang au risque de revivre l’Affre d’une nouvelle guerre ?

Il est évident que pour une partie de l’opinion publique « rêver d'une révolte populaire au Congo serait une perte temps; car la révolution ici se veut intellectuelle ». Une façon de renchérir l’affront des opportunistes qui affirment que le Congo n’est pas le Burkina Faso. Toutes fois, Frantz Fanon interpellant sa jeunesse et celles des années précédentes à la méditation, disait que: « Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». C’est croire que toute révolution ou tout soulèvement est un sacrifice pour le présent et le future. L’histoire du Congo n’est pas pauvre d’exemples, d’anecdotes et de vécus du rôle joué par les jeunes d’avant et maitres du jeu politique aujourd’hui.

En effet, sous d’autres cieux et dans les mêmes contextes politiques, des jeunes de différentes couches sociales (artistes, avocats, administrateurs…) ont pris la décision de défier des inaudibles régimes incapables de répondre aux problèmes cruciaux des populations, à la construction d’un Etat de Droit ainsi que d’institutions fortes en dépit  de longues décennies passées au pouvoir. Au péril de leurs vies, de Dakar à Tunis, ils ont changé le cours de l’histoire politique du continent. Ainsi, ils se sont courageusement engagés en faveur d’un avenir politique démocratique et prospère.

L’exemple Sénégalais : Y'en a marre, une révolution née d'une coupure d'électricité

Mouvement né suite aux délestages intempestifs et aux coupures d'électricité que connaissaient Dakar, « Y’en a marre » coordonné par le journaliste Cheikh Fadel Barro, s’est donné la mission essentielle de dénoncer très vite dans les colonnes de La Gazette les scandales liés à la statue de la Renaissance, qui a coûté 26 millions d'euros à l'Etat – et dont Aboulaye Wade s'est déclaré seul détenteur des droits d'auteur. «Au départ, un désespoir. Un désespoir que nous avons voulu transformer en une action utile. Un rêve. Le rêve de bâtir un citoyen modèle capable de porter les changements que nous estimons indispensables pour l’émergence d’un Etat démocratique, d’une nation développée plus juste et plus libre», s’exprimait  Fadel Barro dans «Le Quotidien» du 7 mars 2013. Ainsi naquit, un 18 janvier 2011, «Y en a marre». Un collectif né pour engager la jeune génération à se déprendre des idoles politiques et à prendre en main son propre destin.

Un Balai citoyen contre la révision de la constitution burkinabè

Né à Ouagadougou le 18 juillet 2013, à l’initiative des « grandes gueules » de la musique burkinabé dont Sama alias Sams K le Jah et Serge Bambara dit Smockey, le Balai Citoyen s’est inspiré de ses ainés « Y’en a marre » au Sénégal pour « assainir la mal gouvernance démocratique, économique et financière au Burkina Faso ». Soucieux d’un meilleur devenir de leur pays à travers le changement social et politique, ils ont fait du Balai Citoyen, un véhicule de mobilisation et de résistance dans un contexte politique qui a instauré l’exclusion et la marginalisation du plus grand nombre de citoyens burkinabè au privilège d’une minorité qui s’octroie des privilèges indus. A leur actif, la grande révolution marquant le départ de Blaise Compaoré après de longues années et une tentative de modification de la constitution. Fidèles à leurs principes, ils n’ont présenté aucun candidat au processus de transition actuel et ne vise aucune représentation au sein d’un quelconque gouvernement. Á leur actif, la grande révolution marquant le départ de Blaise Compaoré après de longues années et une tentative de modification de la constitution. Fidèles à leurs principes, ils n’ont présenté aucun candidat au processus de transition actuel et ne vise aucune représentation au sein d’un quelconque gouvernement.

Outre ces exemples, il convient de rappeler que ces évènements ont succédé au printemps arabe. Certes les enjeux socio-politiques sont différents, il sied de rappeler que la jeunesse d’un pays possède les instruments qui, lui permettront de changer la donne si elle en a la ferme volonté. Aucune neutralité n’a su plié les dictatures tombées jusqu’ici, mais plutôt la force des convictions et la soif de vivre une autre ère, comme le dit si bien un homme politique du Congo voisin : « La jeunesse doit se prendre en charge ».

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