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À la rencontre de Narsix Baya, l'homme derrière baziks.net.


KK: Bonjour Narsix…

NB: Bonjour !

KK: Comment es-tu arrivé à créer Baziks.net ?

NB: Ah ! C’est une longue histoire ça… Bon je vais faire court en vous épargnant des détailles. Tout d’abord il faut savoir que baziks à la base est un vieux projet qui date de 2003, lorsqu’à l’époque avec des amis on avait envie de monter un label. Je me suis rendu compte trop tôt que le label ne servirait a rien sans avoir un canal de vente. Suite a ce constat je vais m’évertuer à rechercher à l’époque des voies et moyens pour produire des artistes et vendre leurs oeuvres à la fois. En 2006 avec l’arrivée des sonneries sur téléphone portable, puis du ringback tone en 2008 que je suis rendu compte que le téléphone était probablement une solution mais qu’il me fallait d’abord maitriser les rouages. Apres une période de recherche je suis tombé sur un document parlant de la crise du disque et de sa transformation en numérique qui est venu renforcer ma conviction. Comme j’avais déjà une vision, j’ai associé mon frère qui est plus calé que moi en technique et des amis ayant une forte connaissance dans le domaine pour réfléchir et mettre en place le site en 2011. Cela va tellement prendre du temps vu que le web développer partenaire se trouvait a ce moment là en Afrique du sud et il était en même temps trop préoccupé par autre chose, ce qui fait que la livraison va prendre du temps. Contraint surtout par des questions de facilité, de suivi et d’orientation, vu que je n’avais pas des cahiers de charge précis, j’ai du trouver un web développeur sur place à Kinshasa. C’est donc le lendemain de l’accès de facebook en bourse que le site a été opérationnel. Précisément le 19 mai 2012… je n’oublierais jamais cette date (rires). Nous avons soufflé notre deuxième bougie cette année avec un relooking du site et le lancement de la version mobile.

KK:Dès son lancement, t’es-tu imposé des choix artistiques, une ligne directrice dans la sélection des artistes ou as-tu au contraire laissé les projets venir vers toi et décidé alors avec qui tu souhaitais collaborer ?

NB: Oui tout a fait, pour éviter de se disperser dans le projet... Pour moi le mot d’ordre était d’abord de donner priorité aux artistes émergents les plus doués qu’ils soient au pays, en Afrique ou dans la Diaspora. Mais à condition que ces derniers aient une touche de modernité en terme de travail, de refléter le coté urbain et ou encore branché mais tout en gardant le coté africain. J’ai rapidement monté un réseau grâce à des amis dans le monde pour me dénicher des talents. On est le premier site congolais à dénicher des talents hors du pays. Tellement l’actualité de la scène musicale urbaine n’a pas suivi, il nous a fallu en créer et depuis nos 2 ans, baziks s’est ouvert d’avantage à l’Afrique et à l’international.

KK:Comment fonctionne la plate forme ? Qui gère quoi ?

NB: Ben c’est une petite équipe au quotidien constitué d’un web master qui est aussi web développeur permanent à Kinshasa. Un second web développeur se trouve à Oslo. Nous avons un rédacteur, un designer non permanent, nous développons un réseau de correspondant. Notre équipe est bénévole et ne perçoit pour l’instant aucun salaire. Nous sommes tout simplement guidés par la passion et nous sommes fiers du peu que nous faisons et surtout c’est une aventure passionnante. La constitution de la fondation BAZIKS et de la société BAZIKS sont en cours. Les dossiers sont entre les mains de l’administration public et nous espérons que les choses iront vite d’ici fin 2014.

KK: A l’heure d’internet et avec une forte naissance de sites, gérer un site de promotion culturelle rapporte très peu. Comment arrives-tu à faire vivre ce concept ?

NB: Je crois qu’en parlant de fortes naissances du site vous faites allusion a la concurrence ? Eh ben dans ce sens, je crois que le plus grand défit c’est d’avoir du contenu exclusif et de savoir informer rapidement a ses visiteurs que le contenu est disponible. C’est un exercice à faire pratiquement chaque jour pour que les visiteurs viennent régulièrement. Nous n’en sommes pas encore la mais nous nous battons. Notre modèle économique étant basé sur la vente de musique chose qui interviendra dans quelques mois, nous osons espérer que quelques partenaires viendront nous rejoindre dans cette belle aventure pour grandir ensemble. Sinon dans l’entre temps baziks fonctionne d’abord par la passion et de notre argent de poche.

KK:As-tu déjà eu des projets mêlant de différents acteurs du milieu culturel?

NB: Oui pour soufflet notre première bougie, nous nous sommes associé a l’institut français pour organiser une mission de Couleurs Tropicales de RFI, émission musicale phare en Afrique question de donner de la visibilité a nos artistes sur le plan international en 2013. En 2014 nous avons collaboré sur la 3ieme édition du festival aiRD’iCi de Racine Alternative pour la promotion de ce festival mais aussi renforcer notre vision sur la création d’un écosystème pour développer une industrie musicale qui s’est étouffé depuis plusieurs années au pays.

KK: Pour toi quels sont les meilleures performances musicales 2014 en RDC? Les révélations musicales (hip hop, rnb…)

NB: Ced Koncept, La Machine Recod, Luc 5, Dahmu Manero, Leoniss, G.NAX, Melina, Melodie D’Amour. Je suis convaincu qu’a part eux il y en a tout plein, qu’ils ne me tiennent pas rigueur.

KK: Quels sont les futurs projets de Baziks.net ? Et comment vois-tu son avenir ?

NB: Nous continuons finalisons le déploiement de la plateforme. Après cette version de téléchargements gratuits nous souhaitons passer à la version payante dans les prochains jours. Version dont nous avons stoppé le lancement à cause d’une forte piraterie. Maintenant que la plateforme est pratiquement sécurisée, on va bientôt démarrer avec la version beta en 2 étapes. Entre temps nous réfléchissons déjà sur le streaming.

KK: Quel est l’impact des téléchargements dans la promotion musicale? On imagine que tu portes aussi une attention à la vente des disques ? Que penses-tu de cette tendance qui voit le retour du disque quasiment en version collector pour une partie de la génération qui n’écoute de la musique uniquement sur internet ?

NB: La musique en Afrique est à cheval entre le gratuit et le payant. Et uniquement en mp3 à cause de la pénétration du téléphone portable et internet. Le téléphone c’est le nouveau baladeur et les gens sont de plus en plus en mouvement. Ceci fait de lui le meilleur support. D’ici 5 ans le téléchargement sera fortement concurrencé par le streaming. Je ne pense pas que les versions collector des disques puissent fonctionner en Afrique puisqu’elle ne fait pas partie de la tradition vu la génération actuelle.

KK: Pour terminer, si tu dois résumer l’esprit « Baziks.net » en trois mots, que dirais-tu?

NB:  Musique, accessibilité, monétisation…

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